La folie carnavalesque pointe à nouveau le nez en Belgique

21/01/2019

Le carnaval cuvée 2018 est une période où l’on accepte plus facilement la moquerie et où l’on oublie momentanément ses soucis. Des masses de gens défilent, déguisés et masqués, dans les rues, en raillant sur un ton goguenard et un mode bruyant, l’ordre établi et en jetant force confetti et friandises à la foule de spectateurs qui les encouragent.

La lointaine origine du carnaval actuel se plaçait cependant sous le signe de la nature. Le plus fort de l’hiver était passé, le printemps se profilait à l’horizon. Les humains mettaient des masques inspirés de la faune, symbolisant le pouvoir divin des animaux sacrés, afin de rejeter les mauvais esprits de l’hiver dans les ténèbres, de faire luire le soleil et de rappeler la nature à la vie.

Au Moyen Âge, l’église catholique imposait un jeûne sévère durant les 40 jours précédant Pâques. La viande, les œufs,…étaient prohibés. C’est ce que l’on appelle la mortification ou carne vale (adieu viande!, en latin). Il se pourrait que notre « carnaval » en dérive. C’est le mercredi des cendres qui inaugurait le carême, mais les trois jours précédents étaient gras et là il était donc possible de ripailler. À notre époque, les dates et la durée sont moins strictes et de-ci de-là l’on festoie gaiement même après Pâques. 

Certaines cités belges se sont forgé une solide réputation carnavalesque, chacune ayant développé une tradition caractéristique : on pense forcément à Alost et Binche mais également à Maaseik, Malmédy et Eupen qui ne sont pas en reste. Rien ne vaut évidemment que d’y assister en direct.  Par ici, le programme :

Alost : chars de parade, danse des participants, pastiches de l’actualité en petits tableaux, la danse et le lancer du balai, le lancer d’oignons, la journée des « Voil Jeanetten » (des hommes habillés de costumes féminins ridicules ou un manteau de fourrure et une coiffe en forme d’abat-jour. Ils sont en outre équipés d’objets dérisoires, un landau, un parapluie cassé, une cage d’oiseau renfermant un hareng et une portion intacte d’esprit alostois), le brûler d’une poupée.

Maaseik : bal des vieilles, carnaval des rues, le cortège des clowns

Binche : origine espagnole, Gilles chamarrés, hauts chapeaux à plumes, tambourinaires, les soumonces, La Nuit des Trouilles de Nouille, groupes de danse richement et élégamment costumés, ventes de cartes de soutien et fleurs au profit d’œuvres de bienfaisance, rondeau de l’amitié,  feu d’artifice, farandole endiablée,…

Malmédy: cwarmê (= carnaval), enfants et adultes masqué et costumés, bal des enfants, trouv’le (= prince carnaval), marche processionnelle, marche aux flambeaux, Danse de la Haguette, chars de parade, formations musicales, le hape-tchâr (espèce de grands ciseaux extensibles en bois), hommes sauvages, arlequins, longs nez et pierrots, couples masqués exubérants, jeux satiriques, brûler de poupée.

Eupen : Rosenmontag, traditions carnavalesque du pays rhénan allemand proche, Kappensitzung, le Büttenredner, un époustouflant spectacle de pierrots, des enfants fleur, des gens d’armes richement équipés, des ramoneurs, des pilotes fous, des éléphants à deux pattes, des sauvages, des aérostiers, des papillons, des grenouilles géantes…