Véronique Gouverneur, professeure belge à l'Université d'Oxford, a découvert un moyen de s’attaquer aux PFAS, ces composés chimiques synthétiques qui persistent très longtemps dans l'environnement.
Les travaux de Véronique Gouverneur, une chimiste belge née d’un père francophone et d’une mère néerlandophone, originaire de Pécrot, dans le Brabant wallon, focalisent l’attention de la communauté scientifique internationale grâce à ses découvertes récentes sur les moyens de recycler les PFAS, ces composés chimiques synthétiques créés par l'homme que l’on surnomme les « polluants éternels » tant ils persistent longtemps dans l'environnement.
Pour saluer son travail visant à développer une chimie plus respectueuse de l'environnement, la scientifique belge vient de recevoir le très réputé Grand Prix scientifique de la Fondation Simone et Cino Del Duca. Il est vrai que, depuis son arrivée à la prestigieuse Université d’Oxford en 1998, la chimiste belge s’est engagée dans un programme visant à inventer de nouvelles réactions chimiques afin de préparer plusieurs catégories de molécules fluorées.
Jusqu’à présent, le seul moyen d’extraire le fluor de son minerai consistait à le traiter à haute température avec de l'acide sulfurique, ce qui produit un gaz, le fluorure d'hydrogène (HF), un acide très dangereux, voire mortel. Avec son équipe, elle a découvert une méthode plus respectueuse de l’environnement consistant à mélanger le minerai dans un broyeur à billes avec une base telle que le phosphate de potassium afin de préparer les dérivés fluorés utilisés dans divers secteurs.
Plus encore, elle a découvert avec son équipe un moyen de s’attaquer aux PFAS, ces polluants persistants dans l'environnement, constitués de longues chaînes de carbone et de fluor, en mettant au point un processus permettant de détruire la liaison carbone-fluor. Une poudre noire est alors produite, dont il est possible d’extraire du fluor pouvant ensuite être recyclé dans l'industrie chimique.