L'Université de Gand réussit à améliorer du riz
Les chercheurs du Laboratoire de biologie fonctionnelle de plantes de l'Université de Gand sont parvenus à développer un riz présentant une teneur stable en folates (plus communément appelés vitamine B9 ou acide folique). La carence en acide folique est un problème de santé récurrent dans les pays en développement. Le développement des variétés de riz présentant une teneur en B9 stable constitue une étape importante dans la lutte contre la faim dans le monde, en sachant qu'il constitue la nourriture de la moitié de la population mondiale. De plus, les scientifiques sont convaincus du fait que la technologie est également applicable à d'autres cultures.

La vitamine B9 ou acide folique n'est pas synthétisée par le corps. Elle est présente en grande quantité dans les légumes verts à feuilles et dans les légumineuses. Beaucoup d'autres céréales, comme le riz et le grain, contiennent cependant peu de vitamine B9. Un déficit en acide folique a d'importantes conséquences sur la santé. En plus de certaines formes d'anémie, un déficit en acide folique chez les femmes enceintes peut induire un spina bifida - la maladie du "dos ouvert" - chez le fœtus. Parmi les risques d'autres problèmes de santé figurent un risque accru de développer la maladie d'Alzheimer, des affections cardiovasculaires et de certains cancers.
L'acide folique comporte, comme d'autres vitamines, l'inconvénient de se désintégrer au contact de l'oxygène, de la lumière, de l'humidité, de températures élevées et en cas de changement de pH. C'est pourquoi il est capital de consommer les aliments, comme les légumes et les fruits, les plus frais possible. Le fait de couper les fruits, mais également de les conserver, par exemple, peut considérablement réduire leur teneur en vitamines. A fortiori dans les pays en développement, où la nourriture est souvent conservée dans des conditions de température et d'humidité supérieures à la moyenne, cette habitude peut être problématique.
En 2007, une équipe de chercheurs de l'UGent avait déjà développé une première génération de nouveau riz présentant des teneurs jusqu'à 100 fois plus élevées en B9. Mais il a également été constaté que la vitamine B9 dans ce riz avait baissé de près de la moitié au terme d'un semestre de conservation. Il était capital, pour y remédier, de trouver un moyen de développer un nouveau prototype de riz où la teneur en B9 restait stable en cas de conservation à long terme.
Pour stabiliser les teneurs en acide folique élevées, les chercheurs ont misé sur 2 stratégies. Une première stratégie consistait à encapsuler les folates avec une protéine liant le folate, et une seconde à allonger la queue de la molécule de folate pour favoriser la liaison avec les protéines dépendant du folate. L'étude démontre que cette procédure ne permet pas seulement de stabiliser la teneur en acide folique et que, grâce aux nouvelles combinaisons génétiques, ce riz contient plus de 150 fois plus de folates que le riz normal.
"Par le séquençage de l'ensemble des gènes sur lesquels il a été travaillé, la séquence modifiée du matériel génétique peut être facilement transmise aux variétés de riz populaires", postulent les chercheurs. Ils se réjouissent également de ce que la stratégie employée dans cette œuvre de pionnier puisse également être appliquée à d'autres céréales, tant des céréales comme le froment et le sorgho que des variétés autres que céréalières comme les pommes de terre et les bananes.
L'étude reposait sur une étroite collaboration entre les laboratoires du professeur Dominique Van Der Straeten (développement et caractérisation de la nouvelle variété de riz), du professeur Willy Lambert et du professeur Christophe Stove (développement de méthodes de mesure pour mesurer les concentrations foliques), du docteur Hans De Steur et du professeur Xavier Gellynck (l'étude de l'impact socioéconomique du riz folique). Les résultats ont été publiés dans la revue renommée Nature Biotechnology.