Ne dites plus jamais que le Moyen Âge était une période obscure...

C'est ce qu'a établi de manière expérimentale un archéologue de l'UGent dans son mémoire de master. Il s'est rendu à cet effet au musée en plein air de Bokrijk.
Dans les films ou séries télévisées se déroulant au Moyen Âge, on est souvent plongé dans des intérieurs littéralement sombres. L'archéologue Natan Heidbüchel, de l'Université de Gand, a voulu savoir s'il faisait vraiment si sombre à l'époque.
Pour reconstituer les conditions d'éclairage exactes de l'époque, Natan a disséqué des sources historiques et étudié des peintures. Avec les informations obtenues, un bout de corde de lin et en faisant fondre de la cire d'abeille ou du suif sur un feu, il a recréé des bougies à la façon médiévale. Il a dû s'accommoder de la fumée produite. Selon lui, le quartier de la ville, avec ses bâtiments des XVe et XVIe siècles et les façades du centre-ville d'Anvers à Bokrijk, constituerait le cadre approprié. Ils ont apprécié sa venue à Bokrijk. Il a tout pris en compte et tout testé : les vitraux, les fenêtres en lin huilé, l'ouverture et la fermeture des volets, la météo, la position du soleil... Et oui, la luminosité mesurée était bien suffisante pour permettre à l'homme moyen de la fin du Moyen Âge de vaquer sans peine à ses occupations artisanales quotidiennes, non seulement le jour mais aussi le soir. D'ailleurs, en plus des bougies, il utilisait des lampes à huile et des bouts de bois pour voir clair.
Les milieux professionnels ont décerné à l'expérience de Natan Heidbüchel un prix d'archéologie et l'ont mentionnée dans une revue de premier plan.